L’organisation de la journée d’un bébé de 9 mois représente un défi majeur pour les parents qui cherchent à établir un équilibre entre les besoins physiologiques de leur enfant et les contraintes du quotidien familial. À cet âge crucial du développement, le nourrisson traverse une période de transformations importantes qui nécessitent une approche structurée et adaptée. La mise en place d’une routine cohérente favorise non seulement l’épanouissement de l’enfant mais contribue également à réduire le stress parental. Cette organisation minutieuse du quotidien s’appuie sur une compréhension approfondie des rythmes biologiques naturels, des besoins nutritionnels spécifiques et des étapes développementales caractéristiques de cette période charnière.
Rythme circadien et fenêtres de sommeil optimales pour un nourrisson de 9 mois
Le développement du rythme circadien chez le bébé de 9 mois atteint une maturité relative qui permet d’établir des horaires de sommeil plus prévisibles. À cette étape, la production de mélatonine endogène se synchronise progressivement avec les cycles jour-nuit, créant des fenêtres d’opportunité pour l’endormissement naturel. Cette maturation neurologique favorise une organisation temporelle plus stable, facilitant l’instauration de routines durables.
Cycles de sommeil paradoxal et sommeil lent profond chez le bébé de 9 mois
Les cycles de sommeil du nourrisson de 9 mois durent approximativement 50 à 60 minutes, alternant entre phases de sommeil paradoxal et sommeil lent profond. Le sommeil paradoxal, caractérisé par une activité cérébrale intense, représente environ 30% du temps total de sommeil, contre 50% chez le nouveau-né. Cette évolution témoigne d’une maturation progressive du système nerveux central qui influence directement la qualité et la durée des périodes de repos.
La compréhension de ces mécanismes permet d’optimiser les conditions d’endormissement en respectant la physiologie naturelle de l’enfant. Les phases de sommeil lent profond, essentielles à la récupération physique et à la consolidation mémorielle, se concentrent principalement en début de nuit, justifiant l’importance d’un coucher précoce.
Mélatonine endogène et signaux de fatigue : reconnaître les microsignes
La sécrétion de mélatonine chez le bébé de 9 mois suit un pattern circadien qui s’établit généralement entre 19h et 20h30. Cette hormone du sommeil, produite par la glande pinéale, déclenche une cascade de signaux physiologiques préparant l’organisme au repos nocturne. L’observation attentive des microsignes de fatigue permet d’identifier le moment optimal pour initier la routine du coucher.
Ces signaux incluent le bâillement, le frottement des yeux, la diminution de l’activité motrice et les changements dans les expressions faciales. La reconnaissance précoce de ces indicateurs évite le dépassement de la fenêtre d’endormissement naturel, prévenant ainsi les difficultés d’endormissement et les réveils nocturnes multiples. Une intervention tardive peut provoquer une hyperstimulation du système nerveux, rendant l’endormissement plus laborieux.
Transition biphasique : passage de 3 à 2 siestes selon la méthode ferber
La transition vers un rythme biphasique de siestes constitue une étape développementale majeure survenant généralement entre 8 et 10 mois. Cette évolution natur
elle résulte à la fois de la maturation du système nerveux et d’un allongement naturel des fenêtres d’éveil. Selon l’approche décrite par Ferber, on observe d’abord un raccourcissement spontané de la troisième sieste, qui devient difficile à placer, puis sa disparition progressive. Plutôt que de la supprimer brutalement, il est recommandé de décaler légèrement les siestes du matin et de l’après-midi (par tranches de 15 minutes) afin d’augmenter la pression de sommeil le soir sans surfatiguer le bébé.
Dans la pratique, de nombreux bébés de 9 mois conservent encore trois siestes certains jours, surtout après une nuit écourtée ou une forte stimulation. L’enjeu n’est pas d’imposer un schéma rigide mais d’observer les temps d’éveil tolérables et la qualité du coucher du soir. Si l’endormissement du soir devient très tardif ou difficile, c’est souvent le signe que la troisième sieste peut être raccourcie (15 à 20 minutes maximum) ou remplacée par un temps calme en portage ou en promenade.
Durée optimale des fenêtres d’éveil : 3h30 à 4h15 entre les cycles
À 9 mois, la plupart des nourrissons tolèrent des fenêtres d’éveil comprises entre 3h30 et 4h15 selon leur tempérament et la qualité des siestes. On parle de « fenêtres d’éveil » pour désigner la durée maximale entre deux endormissements sans générer de sur-fatigue. Un bébé très tonique ou fortement stimulé aura parfois besoin d’être couché un peu plus tôt, tandis qu’un enfant plus calme pourra tenir une fenêtre légèrement plus longue.
Un découpage fréquent de la journée type s’organise ainsi : environ 3h d’éveil entre le lever et la sieste du matin, 3h30 à 3h45 entre la fin de cette sieste et la sieste de l’après-midi, puis 3h30 à 4h avant le coucher du soir. Ces valeurs restent des repères, non des normes intangibles. Vous pouvez les ajuster de 15 à 30 minutes en fonction de vos observations : somnolence marquée, irritabilité ou au contraire excitation intense sont des indicateurs que la fenêtre d’éveil a été dépassée.
Pour vérifier la pertinence de ces fenêtres, interrogez-vous : votre bébé s’endort-il en moins de 15 à 20 minutes dans un environnement calme et constant ? Se réveille-t-il plutôt souriant après au moins un cycle de sommeil complet (50 à 60 minutes) ? Si oui, le timing est probablement bien calé. Dans le cas contraire, décaler légèrement l’heure de coucher, en avançant ou en retardant de 15 minutes, permet souvent de retrouver un point d’équilibre.
Diversification alimentaire menée par l’enfant (DME) et horaires de repas structurés
À 9 mois, l’organisation de la journée type d’un bébé repose aussi sur une diversification alimentaire bien avancée. Que vous pratiquiez la diversification classique à la cuillère, la diversification menée par l’enfant (DME) ou un modèle mixte, l’objectif reste identique : proposer trois repas structurés et un ou deux laits (ou tétées) supplémentaires, dans des créneaux réguliers. La régularité des horaires de repas aide le système digestif à se synchroniser avec le rythme veille-sommeil, un peu comme un métronome interne.
En DME, l’enfant participe activement à ses repas en manipulant des aliments en morceaux fondants adaptés à sa motricité. Cela ne signifie pas pour autant laisser de côté la structure des horaires. On cherchera à caler les temps de repas principaux environ 30 à 45 minutes après le réveil d’une sieste, quand le bébé est à la fois reposé et physiologiquement prêt à manger. À cet âge, un schéma fréquent est : petit-déjeuner lacté au lever, déjeuner solide en fin de matinée, goûter lacté ou mixte en milieu d’après-midi et dîner léger en début de soirée.
Introduction des allergènes prioritaires : œufs, arachides et fruits à coque
Les études récentes, notamment les recommandations de la Société Française de Pédiatrie et de plusieurs sociétés d’allergologie, convergent vers une introduction précoce et répétée des allergènes majeurs entre 4 et 11 mois. À 9 mois, il est pertinent de proposer régulièrement de petites quantités d’œuf cuit, d’arachide et de fruits à coque finement moulus, en respectant bien sûr les consignes de sécurité et les antécédents familiaux.
Concrètement, on peut introduire l’œuf sous forme d’œuf dur écrasé dans la purée, de quiche maison peu salée ou d’omelette très cuite, à raison de quelques cuillères au départ. L’arachide et les fruits à coque (amande, noisette, noix de cajou, etc.) ne doivent jamais être donnés entiers à cet âge en raison du risque majeur d’étouffement. On privilégiera les beurres de cacahuète ou de noix 100 % pur produit, très finement dilués dans une compote ou un yaourt, ou encore de la poudre de fruits à coque mélangée à une purée de légumes.
L’idée n’est pas d’augmenter massivement les quantités mais de maintenir une exposition régulière, une à deux fois par semaine, pour chaque allergène déjà bien toléré. Si vous observez une réaction cutanée importante, respiratoire ou digestive rapide (vomissements, gonflement des lèvres ou du visage, difficulté à respirer), il est impératif de consulter en urgence. En l’absence de signe inquiétant, ces expositions progressives contribuent à diminuer le risque ultérieur d’allergie alimentaire.
Textures et morceaux calibrés : passage des purées lisses aux aliments finger food
Vers 9 mois, la bouche de votre bébé n’est plus celle d’un nouveau-né : la coordination langue–mâchoires progresse, la pince pouce-index se met en place, et l’envie de saisir la nourriture augmente. C’est le moment idéal pour faire évoluer les textures, en passant des purées lisses à des préparations écrasées, puis à des morceaux tendres type finger food. On peut comparer cette étape à l’apprentissage du vélo avec petites roues : l’adulte reste présent, sécurise, mais laisse l’enfant expérimenter.
Les morceaux proposés doivent être assez mous pour pouvoir s’écraser entre le pouce et l’index, ou entre la langue et le palais. Pensez par exemple aux bâtonnets de patate douce cuite à la vapeur, aux fleurettes de brocoli bien fondantes, aux lamelles de poire très mûre ou aux petits dés de polenta. En DME, la taille des morceaux doit être suffisamment grande pour que le bébé puisse les saisir avec sa main (en général la taille de son poing ou de son pouce allongé), tout en restant non glissants et non friables pour limiter les fausses routes.
Il est normal d’observer des haut-le-cœur (réflexe nauséeux) lors des premières tentatives : c’est une réaction de protection et un apprentissage sensoriel, non un signe d’échec. Votre présence vigilante, votre calme et la position assise bien droite dans une chaise haute sécurisée sont les meilleurs gages de sécurité. En associant morceaux et textures plus lisses au même repas, vous permettez à votre bébé de choisir, de s’exercer et de s’autoréguler.
Répartition macronutrimentelle : protéines, lipides et glucides complexes
À 9 mois, le lait (maternel ou 2e âge) reste la base de l’alimentation, avec un objectif d’environ 500 ml par 24 h au minimum, en fonction de l’appétit de l’enfant. Les repas solides complètent ces apports en assurant une répartition équilibrée entre protéines, lipides et glucides complexes. On peut visualiser l’assiette idéale comme un cercle en trois parts : une portion de protéines animales ou végétales, une portion de légumes, une portion de féculents, le tout arrosé d’un filet d’huile riche en acides gras essentiels.
Les protéines (20 à 30 g de viande ou poisson par jour, soit 2 à 3 cuillères à café bien pleines, ou un quart d’œuf dur) doivent être limitées pour éviter une surcharge rénale et métabolique. Les lipides, souvent redoutés par les adultes, sont pourtant essentiels au développement cérébral du nourrisson : on conseillera 1 à 2 cuillères à café d’huile de colza, de noix ou d’olive crue ajoutée dans les purées. Les glucides complexes (pomme de terre, patate douce, riz, pâtes bien cuites, polenta, semoule) apportent l’énergie nécessaire aux périodes d’éveil et de motricité de plus en plus intenses.
Un exemple de repas de midi pour un bébé de 9 mois pourrait être : 150 à 180 g de purée de légumes et féculents (deux tiers carotte–courgette, un tiers pomme de terre), enrichie d’une cuillère à café d’huile de colza, avec 20 g de poulet finement haché, suivis d’une compote de poire sans sucres ajoutés. Le soir, on pourra proposer un repas plus léger, sans protéines animales, composé d’une purée de légumes avec féculent et d’un biberon ou d’une tétée selon le rythme familial.
Hydratation complémentaire : eau pure et limitation des jus de fruits industriels
En parallèle des apports lactés, l’hydratation d’un bébé de 9 mois passe principalement par l’eau. Entre 6 et 12 mois, un enfant boit généralement entre 120 et 250 ml d’eau par jour en plus de son lait, avec des variations selon la température ambiante, l’alimentation solide et le niveau d’activité. L’idéal est de proposer régulièrement quelques gorgées d’eau, notamment après les repas et au cours des périodes d’éveil, sans forcer s’il refuse.
L’introduction d’un gobelet antifuite avec deux poignées constitue une étape intéressante pour encourager l’autonomie. Vous pouvez le lui proposer dès le repas de midi, en laissant votre bébé manipuler et explorer librement l’objet. En revanche, les jus de fruits industriels, même « 100 % pur jus », sont à limiter au maximum à cet âge : leur teneur élevée en sucres simples favorise les caries, les pics glycémiques et peut réduire l’appétit pour des aliments plus nutritifs. Si vous tenez à en offrir occasionnellement, préférez un jus dilué moitié eau, en petite quantité et au cours d’un repas.
En cas de fièvre, de forte chaleur ou de diarrhée, les besoins hydriques augmentent : dans ces situations particulières, il est judicieux de proposer plus souvent de l’eau, voire de fractionner les biberons ou les tétées. Si vous avez un doute sur la quantité adéquate, l’observation de la fréquence des couches mouillées et de la vigilance de votre bébé reste un repère simple et fiable au quotidien.
Développement psychomoteur et activités d’éveil dirigées par tranches horaires
La journée type d’un bébé de 9 mois ne se résume pas à une alternance de repas et de siestes : les temps d’éveil sont de véritables terrains d’expérimentation motrice et sensorielle. À cet âge, la majorité des nourrissons tiennent assis sans soutien, certains rampent, d’autres se déplacent à quatre pattes ou se hissent déjà debout en s’accrochant aux meubles. Organiser des activités d’éveil par tranches horaires permet d’offrir un cadre structurant tout en laissant place à la spontanéité du jeu.
Le matin, après le petit-déjeuner et un court temps de câlins, les bébés sont généralement disponibles pour des jeux moteurs plus intenses : parcours au sol avec coussins, tunnels en carton, balles à pousser ou à lancer. En milieu de journée, après le repas, on privilégiera des activités plus calmes comme la lecture d’images, les comptines gestuées ou la manipulation d’objets du quotidien (boîtes, cuillères, tissus). En fin d’après-midi, une promenade en poussette ou en porte-bébé offre une transition douce vers le bain et le coucher.
Pour vous aider à visualiser cette organisation, le tableau ci-dessous propose un exemple de répartition des activités d’éveil au cours d’une journée type :
| Tranche horaire | État de bébé | Activités d’éveil recommandées |
|---|---|---|
| Matin (après le petit-déjeuner) | Reposé, curieux | Jeux moteurs au sol, parcours, ramper, quatre pattes |
| Fin de matinée / début d’après-midi | Éveil modéré | Lecture, comptines, jeux de cache-cache, exploration d’objets |
| Après la sieste de l’après-midi | Tonique | Jeux d’interaction, coucou-caché, miroir, jeux d’eau (sous surveillance) |
| Fin de journée | Fatigue croissante | Promenade calme, massages, temps calme dans la chambre |
Les jeux de cache-cache avec un foulard, les coucous devant un miroir ou les boîtes à ouvrir et fermer participent au développement de la permanence de l’objet et des capacités cognitives. Vous pouvez aussi mettre en place des rituels de lecture très simples : quelques pages d’un imagier, chaque jour aux mêmes moments, contribuent à créer un lien entre langage, images et routine. L’essentiel est de suivre l’initiative de l’enfant : s’il détourne le regard, s’agite ou gémit, c’est le signe qu’il a besoin de passer à autre chose ou de faire une pause.
Routine d’hygiène et soins corporels : protocoles quotidiens essentiels
Les soins d’hygiène constituent des repères forts dans la journée type d’un bébé de 9 mois. Ils structurent le temps, tout en offrant des moments privilégiés de contact corporel. Le change, le bain, l’hygiène bucco-dentaire débutante et les soins de la peau ne sont pas de simples « obligations » : ce sont des occasions de dialogue et d’apaisement, à condition de les aborder avec douceur et régularité.
Le bain, souvent placé en fin de journée, fonctionne comme une transition sensorielle entre l’agitation des jeux et la détente du coucher. À cet âge, un bain quotidien n’est pas médicalement indispensable pour tous les bébés si la peau est sensible ou sèche ; un bain tous les deux jours, complété par une toilette locale au gant, peut suffire. En revanche, la constance de l’horaire et du déroulé (bain – pyjama – tétée ou biberon – histoire) joue un rôle clé dans l’anticipation du sommeil par le nourrisson.
Le change régulier (toutes les 3 à 4 heures en moyenne, et après chaque selle) prévient les érythèmes fessiers. À 9 mois, les selles sont plus denses et odorantes du fait de l’alimentation solide ; un nettoyage minutieux mais respectueux de la peau s’impose, avec une eau tiède et un savon doux si nécessaire. En cas de rougeurs, une crème protectrice à base d’oxyde de zinc peut être appliquée en fine couche, en laissant autant que possible la peau à l’air libre entre deux couches.
C’est également le bon moment pour introduire une brosse à dents pour bébé, à poils souples, dès l’apparition des premières dents. Un brossage très doux, une fois par jour le soir, avec une quantité infime de dentifrice fluoré (l’équivalent d’un grain de riz) suffit pour familiariser votre enfant à ce nouveau rituel. Là encore, la dimension ludique et répétitive compte plus que la performance ; vous pouvez chanter une comptine spécifique au moment du brossage pour en faire un repère positif.
Gestion des pleurs et techniques d’apaisement selon l’approche brazelton
Malgré une journée bien organisée, un bébé de 9 mois continue d’exprimer ses besoins et ses tensions par les pleurs. L’approche de Brazelton insiste sur l’importance de lire les signaux du nourrisson, de respecter son tempérament et de répondre de façon prévisible et contenante. Plutôt que de chercher à faire disparaître tout pleur, il s’agit de l’accompagner, de le décoder et de proposer des stratégies d’apaisement adaptées au moment de la journée et à la cause probable (fatigue, faim, surstimulation, besoin de proximité).
À cet âge, s’ajoute l’angoisse de séparation : votre bébé peut pleurer lorsque vous quittez la pièce ou au moment du coucher, comme pour vérifier que vous restez disponible. En offrant un rituel stable, des mots rassurants et un contact physique mesuré, vous lui permettez peu à peu de développer sa capacité à se réconforter seul. Les techniques décrites ci-dessous, inspirées des travaux de Brazelton mais aussi d’autres approches, peuvent être intégrées à votre routine quotidienne de façon souple, sans dogmatisme.
Méthode du 5-10-15 : extinction graduelle des pleurs nocturnes
La méthode dite du « 5-10-15 » est une forme d’extinction graduelle des pleurs nocturnes souvent évoquée quand les réveils deviennent fréquents ou que les endormissements s’éternisent. Elle consiste à espacer progressivement vos interventions lorsque votre bébé pleure au coucher ou la nuit : on attend d’abord 5 minutes avant d’aller le rassurer brièvement, puis 10 minutes, puis 15 minutes, tout en gardant une attitude calme et constante. L’objectif n’est pas de laisser l’enfant « pleurer sans limite », mais de lui offrir des repères tout en lui laissant le temps de retrouver seul le sommeil.
Cette approche ne convient pas à toutes les familles ni à tous les bébés. Elle suppose que l’enfant soit en bonne santé, ait un environnement de sommeil sécurisé et des routines bien établies. Avant de l’envisager, il est capital d’écarter toute cause organique (reflux, poussée dentaire très douloureuse, otite) et de vérifier que les fenêtres de sommeil ne sont pas systématiquement dépassées. Si vous choisissez de la mettre en pratique, il est préférable que les deux parents soient alignés et prêts à la maintenir quelques nuits de suite, car les changements de stratégie fréquents perturbent davantage encore le nourrisson.
Beaucoup de parents préfèreront des méthodes plus progressives encore (présence dans la chambre, diminution progressive du temps de bercement, retrait par étapes). L’essentiel, dans l’esprit de Brazelton, est de rester à l’écoute de votre ressenti et de celui de votre enfant : si la méthode augmente fortement votre stress ou celui du bébé, il est légitime de la suspendre et de chercher un accompagnement personnalisé.
Portage physiologique et contact peau à peau régulé
Le portage physiologique, en écharpe ou en porte-bébé adapté, reste un outil précieux à 9 mois pour apaiser les pleurs, favoriser l’attachement sécurisant et aménager la journée type. Porté contre vous, votre enfant bénéficie de la chaleur, du rythme cardiaque et du mouvement régulier de votre corps, autant de signaux régulateurs qui rappellent la vie intra-utérine. Ce contact rapproché est particulièrement utile en fin de journée, période souvent plus agitée, ou lors des transitions délicates (réveil de sieste difficile, temps d’attente chez le pédiatre).
Le contact peau à peau, que l’on associe souvent aux premiers jours de vie, reste pertinent au-delà : poser votre bébé torse nu contre votre poitrine, dans une pièce chauffée, peut l’aider à se calmer après un gros chagrin ou un épisode de maladie. Comme pour une couverture rassurante, c’est un outil à utiliser avec mesure, sans en faire le seul mode d’endormissement, afin de ne pas créer de dépendance excessive. On peut réserver ces moments à des temps bien identifiés dans la journée (après le bain, avant la tétée du soir) pour qu’ils deviennent des repères sécurisants.
D’un point de vue pratique, veillez à respecter les règles de sécurité du portage : dos bien arrondi, genoux plus hauts que les fesses (position en « M »), visage dégagé, voies respiratoires libres, et porteur à l’aise dans sa posture. Un atelier de portage ou les conseils d’un professionnel formé peuvent vous aider à ajuster l’installation pour qu’elle soit confortable et sûre, pour vous comme pour votre bébé.
Techniques de bercement rhythmique et sons blancs apaisants
Les techniques de bercement rythmique et l’utilisation de sons blancs constituent d’autres outils pour gérer les pleurs au cours de la journée type. Le bercement régulier, que ce soit dans vos bras, en portage, dans un fauteuil à bascule ou en marchant, reproduit des stimulations vestibulaires connues de votre bébé. Comme un métronome, ce mouvement répétitif aide le système nerveux à se réguler et facilite la transition vers le calme ou le sommeil, surtout si vous l’associez à une comptine douce et toujours la même.
Les sons blancs (bruit de pluie, ventilateur, aspirateur, vagues) masquent les bruits environnementaux brusques et recréent un fond sonore continu proche de celui perçu in utero. Utilisés à volume modéré et à distance suffisante du lit, ils peuvent favoriser l’endormissement et limiter les micro-réveils liés aux bruits domestiques. Il est toutefois recommandé de ne pas les laisser tourner en continu 24 h/24, afin que votre bébé apprenne aussi à s’endormir dans un environnement plus silencieux.
Vous pouvez vous constituer une « boîte à outils apaisante » incluant vos techniques préférées : bercement sur un rythme lent, chanson spécifique, peluche musicale, sons de pluie sur une application dédiée. L’idée n’est pas de multiplier les artifices, mais de choisir quelques repères simples et de les répéter jour après jour, de manière cohérente avec l’organisation globale de la journée. Avec le temps, votre bébé associera ces signaux à un retour au calme et à l’endormissement.
Planification horaire type et adaptation aux signaux individuels du nourrisson
Après avoir détaillé les différents volets – sommeil, alimentation, éveil, hygiène et apaisement – il est utile de rassembler ces éléments dans une trame quotidienne. Une journée type pour un bébé de 9 mois n’est pas un planning militaire, mais plutôt une partition de musique : les grandes lignes sont écrites, mais vous improvisez en fonction de l’humeur, de la santé et des signaux de votre enfant. L’important est de garder une cohérence globale des horaires de lever, de siestes, de repas et de coucher.
Voici un exemple de journée type (à adapter bien sûr selon le rythme de votre famille et la personnalité de votre bébé) :
- 7h00 – 7h30 : Réveil, câlins au lit, change, petit-déjeuner lacté (tétée ou biberon 180–240 ml).
- 9h30 : Sieste du matin (45 à 60 minutes).
- 11h30 – 12h00 : Déjeuner : légumes + féculent + petite portion de protéines animales ou végétales, eau à volonté, compote ou fruit.
- 13h30 – 14h00 : Sieste de l’après-midi (1h30 à 2h).
- 16h00 – 16h30 : Goûter lacté (tétée ou biberon 150–210 ml) + fruit.
- 17h00 – 18h00 : Temps d’éveil calme, promenade, jeux de motricité douce.
- 18h30 : Bain, massage, pyjama.
- 19h00 – 19h30 : Dîner léger (purée de légumes et féculents, sans protéines animales) + tétée ou biberon selon l’appétit.
- 19h30 – 20h00 : Rituel du coucher (histoire, comptine, câlins), puis dodo pour la nuit.
Ce canevas offre un total de deux siestes et une plage de sommeil nocturne de 10 à 12 heures, en cohérence avec les recommandations habituelles pour un bébé de 9 mois. Vous pouvez le faire évoluer en fonction de plusieurs paramètres : si votre enfant se réveille systématiquement avant 6h, il peut être judicieux d’avancer légèrement l’heure du coucher ou de raccourcir la sieste de l’après-midi ; à l’inverse, s’il lutte tous les soirs au moment du dodo, c’est peut-être que la dernière fenêtre d’éveil est trop courte ou qu’une troisième micro-sieste se glisse encore dans la fin de journée.
Rappelez-vous enfin que chaque nourrisson possède son « chronotype » et son niveau de besoins en sommeil propres. Certains auront besoin de 3 heures de sieste cumulée, d’autres se contenteront de 2 heures sans signe de fatigue excessive. Observez votre bébé, notez éventuellement ses horaires sur quelques jours et ajustez par petites touches : 15 minutes de plus ou de moins peuvent parfois tout changer. En conjuguant ces repères théoriques et l’écoute de votre enfant, vous construirez progressivement une journée type de 9 mois à la fois structurée, souple et sécurisante pour toute la famille.
